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Gare à Durandal

Gare à Durandal ! Les enfants étaient terrorisés. Mademoiselle L brandissait Durandal, un double mètres en bois, aux bouts ferrés avec lequel elle pouvait atteindre les premiers rangs sans quitter sa position assise derrière le bureau. Mademoiselle L était un personnage. Plus large que haute, elle fumait comme un sapeur, crachait et jurait comme un charretier. Ceci dit, elle jouissait dans le quartier d’une excellente réputation, on la disait efficace et dévouée. Le matin en arrivant en classe et après avoir allumé le poêle, elle retirait ses chaussures, enfilait ses charentaises, la leçon de morale pouvait commencer, toujours illustrée par un dicton ou un proverbe bien senti. De la fenêtre de sa classe au troisième étage de l’école elle pouvait surveiller son chien qui batifolait sur le balcon de son appartement, juste en face, de l’autre côté de la rue. A dix heures elle se précipitait pour qu’il accomplisse sa promenade hygiénique. Mademoiselle L. avait pour...

A la plage à Préfailles (suite)

Sur la côte

Cendrillon 2006

Cendrillon 2006 Il y avait une jeune fille très belle et très malheureuse ; elle habitait avec ce que l’on nomme aujourd’hui une famille recomposée : son père, sa belle-mère et leurs trois filles, dans un loft du onzième arrondissement de Paris. La belle-mère était une femme méchante et n’avait d’égards que pour ses trois filles qu’elle adorait , cajolait et protégeait avec excès; Cendrillon- car tel était son nom ou plutôt le surnom qu’on lui donnait- son vrai nom je l’ignore encore- Cendrillon était maltraitée. Pendant que ses trois soeurs jouaient avec leurs consoles Nitendo, partaient faire des emplettes dans les magasins de prêt à porter ou sortaient en boîte, Cendrillon devait s’occuper des tâches ménagères, préparer les repas, faire les courses, passer l’aspirateur, laver et repasser, et ce n’était jamais suffisant, et ses sœurs impitoyables et capricieuses n’étaient jamais satisfaites. Cendrillon ne disait rien, depuis longtemps elle avait compris que p...

Tempête à Préfailles

Novembre -Préfailles

Novembre Le ciel était gris-bleu et le soleil de novembre, invisible, diffusait une douce lumière ocre, ourlait de festons dorés les rares flocons de nuages blancs perdus dans la grisaille. Un crachin très fin tombait par intermittence, et l’on n’entendait que le crépitement des vagues, le cri des mouettes, et le sifflement du vent dans les landes. La mer était couleur d’amande et le tapis des bruyères se teintait déjà de taches violettes. Au bas des falaises, quelques aigrettes sondaient les gravières ; dans les criques, huîtriers et tournepierres fouillaient la vase, les bécasseaux avançaient puis reculaient devant le déferlement des vagues. Le vent frisquet, soufflant entre les averses apportait des effluves de goémon. Sur le chemin des douaniers quelques couples de retraités faisaient leurs promenades de santé, silencieusement, sensibles à la grandeur du paysage, tous semblablement vêtus de parkas rouges ou bleues et de bonnets marins, tous ou presque accompagnés d’un...

A la plage à Préfailles -suite