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Affichage des articles associés au libellé poésie

La mer toujours

La mer toujours jusqu'à l'horizon quelques goélands bercés par la houle le clapotis des vagues le fouet vivifiant du vent marin La ville au loin que l'on soupçonne comme une ombre violette et les grues des chantiers comme des arbres nus et ses remparts de béton les enfances assoupies dans des prisons de glaces les amours comblés et les amours déçus la dureté de la pierre et la froideur du marbre et les désespérés les errants les perdus les rêves engloutis les rêves inassouvis les adolescences blessées les ventres satisfaits et les esprits sereins les ventres affamés les destins fracassés et les désirs froissés La mer toujours jusqu'à l'horizon quelques goélands bercés par la houle le clapotis des vagues le fouet vivifiant du vent marin La ville au loin que l'on devine comme une ombre violette comme une saillie comme une tumeur de fer de pierre de c...

Les mots

               Les mots se forment S’écoulent S’éboulent S’écrasent S’arasent Morts nés Froids déjà Trop tôt formés Trop tôt jaillis Trop tôt gelés Mots insensés Mots expulsés Mots épuisés Mots meurtris Mots indicibles Maux indicibles Larmes salées Larmes amères Larmes atones Mots impuissants Larmes de sang Mots indécents maudissant maudit sens maudissons maudits sont les sons décents maudits sont les sens des sons Moquons-nous des sens secouons nos démences sommons l’innocence menons l’indécence au-delà des sens aux dés v’la des sens aux dés y’a plus d’sens jouons donc aux dés le sens des mots l’essence des mots l’essence des maux l’aimance des mots des masses d’émotions dans les nasses des mots secouons les nasses dénouons les sacs brisons les mots brisons les sceaux ...

J'aurais voulu dire

J’aurais voulu dire J’aurais voulu dire J’aurais voulu dire J’aurais voulu dire L’absence Le silence Le vide Le blanc La marge Le dehors Le dédain L’innocence L’anaissance J’aurais voulu dire J’aurais voulu dire Le trop-plein Le bruit L’abondance L’opulence La fureur Le tintamarre Le dégoût Mais l’étau M’étreint la gorge et me tord Et me tenaille La langue épaisse Et me l’arrache Et la dépèce Et me relègue Au silence Larmes et sang mêlés ravalés

Rêver

rêver Les hypermarchés bariolés Incendient les regards Et les vies se consument Avoir Pouvoir Mais rêver Rêver en liberté à des espaces nus Au vide A l’absence Au silence A la feuille d’un arbre inconnu Vibrant au vent A sa fine membrane A sa transparence A la perle d’eau délicate Qui lentement s’égoutte Au chant déroutant d’une voix étonnante A un poème inédit D’un auteur oublié A la lointaine enfance A la désespérance Les cornes des voitures déchirent le silence

HaÏkus

haïkus Il suffirait de pousser la porte S’abandonner à la tiédeur Mais comment oublier la morsure du gel Sur les rochers Les mouettes sommeillent La tête dans le soleil Vent et brume Gerbes d’écume La mer en colère Grincement de chaise Crissement de plumes La grise adolescence s’use Les essieux du wagon Gémissent et pleurent Nul ne s’en soucie Les Parisiens Sont chagrin Même leurs chiens Non Les nuages ne sont pas des moutons Mais de sales flocons De coton Orage La route droite et mouillée Scintille sous le soleil Parfum de boue chaude Parfum d’été Je voudrais embrasser la terre A Nantes Non seulement il pleut Mais il vente A la gare Personne au départ Par hasard Manger les étoiles Sucer la moelle du temps Boire l’azur Ciel trop bleu Chaleur suffoc...

Cité

cité 1 L’herbe sale Frôle les carcasses de béton Les fenêtres aveugles Regardent nulle part Les passants passent Les fenêtres aveugles Regardent nulle part L’herbe sale frôle les carcasses de béton La banlieue s’alanguit silencieusement Cité2 A l’horizon carcasses de béton Temps ralenti ciel lugubre gris Herbe jaune semée de papiers gras Arbres malades tendant les bras Aux murs d’indéchiffrables graffitis Le mot rêve en lettres bleues écrit Pas un son pas un oiseau pas un passant Seuls bougent les arbres au souffle froid du vent Midi sur la cité et la peur me prend Dans les allées soudain apparaissent les gens Marchant soucieux pressés et le regard absent Midi sur la cité et la peur me prend Vivre ainsi vivre ici dans cette fin des temps Bientôt sur les pelouses accourent les enfants Leurs cris leurs rires leurs voix fracassent le silence Mais la ville persiste el...

IMPERSONNEL

I Il a tout su, il a tout vu ! Bien sûr il était là Comment pourrait il en être autrement Il est toujours là où il faut Va savoir comment il se débrouille Il fallait que ça tombe sur lui Il était quand même pas là par hasard Il faut toujours qu’il soit dans les bons coups Et il fait l’innocent Il en rajoute Il s’étonne Il ne comprend pas Il s’interroge Faudrait pas qu’il en fasse trop quand même Il ne s’imagine pas que ça va prendre Y’a des limites Faudrait qu’il le comprenne Faut qu’il fasse un effort Il n’est pas tout seul Il se prend pour qui Faut qu’il réalise un jour Ça peut plus durer Il va s’attirer des ennuis Et après il s’étonnera encore Mais il sera trop tard Alors il sera toujours temps de pleurer Pourtant il était averti Il savait à quoi il s’engageait Il n’y croyait pas comme toujours Il pensait que ça irait tout seul Il se fait des illusions Il vit sur une autre planète Il est ailleurs Il n’a pas ...